Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes massives sur l’Iran. En quelques heures, l’or a bondi de 3,5 %. Le pétrole a flambé de 13 %. Et depuis, on ne compte plus les clients qui poussent la porte de notre comptoir rue de la Pompe avec la même question : « C’est le bon moment pour vendre ? »
On va essayer de répondre clairement.
En bref, pour ceux qui sont pressés
- L’or est passé au-dessus des 5 000 $ l’once fin janvier, un record historique. Après une correction violente début février (-15 %), il oscille aujourd’hui autour de 4 700 $ (environ 131 € le gramme).
- Les frappes sur l’Iran du 28 février ont relancé la hausse, avec un pic à 5 410 $ dans la foulée.
- Goldman Sachs vise 5 400 $ fin 2026, JPMorgan va encore plus loin avec 6 300 $ — et même 8 000 $ dans leur scénario optimiste.
- Pour un bijou vendu sous 5 000 €, vous ne payez aucun impôt. Au-dessus, c’est 6,5 % (bijoux) ou 11,5 % (or d’investissement).
- Le conflit au Moyen-Orient est loin d’être terminé. Le détroit d’Ormuz est partiellement bloqué, et ça change tout.
Ce qui s’est passé depuis janvier (et pourquoi c’est du jamais-vu)
Reprenons dans l’ordre, parce que le début d’année a été mouvementé.
Fin janvier, l’once d’or a franchi les 5 075 $ — un niveau que les analystes n’attendaient pas avant l’été. La raison ? Un cocktail classique : achats massifs des banques centrales, tensions géopolitiques, et une Réserve fédérale américaine qui laisse entrevoir des baisses de taux.
Puis patatras. Le 30 janvier, grosse correction. L’or lâche 15 % en trois jours, redescend vers 4 400 $. Les investisseurs ont pris leurs bénéfices d’un coup, aidés par un début de détente entre la Russie et l’Ukraine et la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed. Classique : quand le risque baisse, l’or aussi.
Et puis le 28 février, tout a rebasculé.
Les frappes sur l’Iran : le cours de l’or repart
L’opération conjointe américano-israélienne a frappé près d’un millier de cibles en Iran. Ali Khamenei, le guide suprême, a été tué. La riposte iranienne a été immédiate — drones, missiles balistiques sur des bases américaines dans tout le Golfe, et surtout : menace directe sur le détroit d’Ormuz.
Ce détroit, c’est le goulot d’étranglement du pétrole mondial. Environ 20 millions de barils par jour y transitent. L’Iran a juré que pas une goutte de pétrole ne sortirait du Golfe tant que la guerre durerait.
Résultat : le Brent est passé de 60 à plus de 100 dollars le baril en deux semaines. Le gaz naturel a pris 50 % après que le Qatar a suspendu ses exportations de GNL. Et l’or, porté par cette vague d’incertitude, est remonté vers 5 400 $.
Depuis, on est dans une zone de turbulences. Au 19 mars, l’once cote autour de 4 695 $ — soit 131 € le gramme environ. C’est moins que le pic de fin février, mais ça reste un niveau historiquement très élevé. Pour donner un ordre d’idée, il y a deux ans, le gramme était sous les 60 €. Il a plus que doublé.
Ce que disent les banques (et ce qu’on en pense)
Les prévisions des grandes banques sont unanimement haussières, avec des écarts significatifs :
Goldman Sachs a rehaussé son objectif à 5 400 $ l’once pour fin 2026, en misant sur la poursuite des achats des banques centrales — environ 60 tonnes par mois — et sur l’afflux vers les ETF or. JPMorgan est encore plus agressif : 6 300 $ dans leur scénario central, et jusqu’à 8 000-8 500 $ si les ménages augmentent leur allocation en or. Bank of America parle de 6 000 $ dès le printemps.
Notre avis chez EPO Gold ? On n’est pas analystes financiers, on est au comptoir tous les jours. Ce qu’on voit, c’est que la demande n’a jamais été aussi forte. Mais on voit aussi des gens qui se laissent griser par les chiffres et oublient un truc simple : personne ne sait où sera l’or dans six mois. Le cours peut monter à 6 000 $, il peut aussi recorriger de 15 % en trois jours, on l’a vu fin janvier.
Soyons francs : si vous avez des bijoux ou des pièces que vous ne portez plus, que vous n’avez pas d’attachement sentimental, le cours actuel est objectivement excellent pour vendre. Attendre un hypothétique sommet, c’est jouer à un jeu que même les banques perdent régulièrement.
Un mot sur la fiscalité (c’est plus simple qu’on croit)
La question revient à chaque visite au comptoir. Beaucoup de gens pensent qu’ils vont être taxés lourdement en vendant leurs bijoux. En réalité, c’est souvent beaucoup moins dramatique.
Si vous vendez des bijoux en or pour moins de 5 000 € au total, vous ne payez rien. Zéro. Pas de taxe, pas de déclaration. C’est le seuil d’exonération sur les objets précieux, et la grande majorité des ventes qu’on réalise au comptoir tombent en dessous.
Au-dessus de 5 000 €, deux options. La taxe forfaitaire à 6,5 % sur le prix total pour les bijoux (ou 11,5 % pour l’or d’investissement type lingots et pièces). Ou le régime des plus-values, à 37,6 % en 2026 — attention, le taux a augmenté cette année avec la hausse de la CSG — mais avec un abattement de 5 % par an dès la troisième année de détention. Au bout de 22 ans, c’est exonéré.
Chez EPO Gold, on vous aide à déterminer quel régime est le plus avantageux pour votre situation. Ce n’est pas toujours celui qu’on croit.
Ce qu’on observe au comptoir, rue de la Pompe
Depuis les frappes sur l’Iran, on a vu le profil de nos clients changer. Avant, c’était surtout des gens qui vidaient un tiroir, un héritage, des bijoux cassés. Ça continue, mais on voit de plus en plus de personnes qui ont acheté de l’or comme placement il y a cinq, dix, quinze ans, et qui se demandent si c’est le moment de prendre leurs gains.
On voit aussi des gens inquiets. Pas seulement pour l’or, mais pour tout. L’inflation, la guerre, le pétrole qui remonte. L’or cristallise ces angoisses-là. C’est normal.
Ce qu’on dit à tout le monde : faites estimer avant de décider. Une estimation, c’est gratuit et ça ne vous engage à rien. On pèse devant vous, on teste le titrage, on vous donne un prix basé sur le cours du jour. Vous repartez avec un chiffre en tête, et vous prenez votre décision tranquillement.
On fait la même chose pour l’argent — qui a aussi explosé en 2025-2026 —, les diamants, et les montres de luxe.
Ce qu’il faut surveiller dans les semaines qui viennent
Le conflit en Iran n’est pas terminé. Tant que le détroit d’Ormuz reste sous tension, le pétrole restera cher et l’or gardera un plancher élevé. Quelques événements à suivre :
D’abord, la durée de l’opération militaire américaine. Si ça s’enlise, l’or continue de monter. Si un cessez-le-feu émerge, correction probable — mais on partira d’un niveau déjà très haut.
Côté Fed, Kevin Warsh n’a pas encore pris ses fonctions. Goldman Sachs anticipe encore 50 points de base de baisse des taux en 2026. Des taux plus bas, c’est bon pour l’or.
Et puis il y a les banques centrales. La Pologne veut atteindre 700 tonnes de réserves. La Chine continue d’accumuler discrètement. Tant que ces achats durent, le cours a un filet de sécurité.
Dernier point : les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre. UBS pense que l’or pourrait toucher 5 900 $ à cette période.
Vous avez de l’or, de l’argent, des bijoux ?
On ne va pas vous dire « dépêchez-vous de vendre » — ce serait malhonnête. Mais les cours actuels sont à des niveaux qu’on n’avait jamais vus, et le contexte géopolitique ne va pas se calmer du jour au lendemain.
Si vous voulez savoir combien vaut ce que vous avez, passez nous voir au 89 rue de la Pompe, Paris 16e, ou appelez-nous au 01 42 25 44 74. On est là du lundi au vendredi, de 9h30 à 19h.
Prendre rendez-vous pour une estimation gratuite
Article publié à titre informatif — il ne constitue pas un conseil en investissement. Cours observés au 19 mars 2026, susceptibles d’évoluer. Pour vos décisions patrimoniales, consultez un conseiller financier.