Vous avez une vieille couronne dentaire en or dans un tiroir. Deux ou trois chaînes cassées. Une alliance tordue que vous n’avez jamais fait réparer. Un bracelet dont le fermoir a lâché il y a dix ans. Vous vous êtes déjà dit « ça doit bien valoir quelque chose » — et vous avez raison. Avec le gramme d’or à 130 € en mars 2026, ce bric-à-brac peut représenter plusieurs centaines d’euros. Parfois plus de mille.
En bref, pour ceux qui sont pressés
- Une couronne dentaire en or pèse entre 3 et 5 grammes. Un bridge peut aller jusqu’à 20-30 grammes. Même avec un alliage à 40-60 % d’or, ça chiffre vite.
- Un bijou cassé en or 18 carats (750‰) vaut autant au poids qu’un bijou intact — c’est le métal qui compte, pas l’esthétique.
- Le titrage change tout : l’or 18 carats se rachète autour de 95-100 €/g, l’or 14 carats vers 75 €/g, l’or 9 carats vers 48 €/g. L’or dentaire, selon l’alliage, tourne entre 44 et 75 €/g.
- En dessous de 5 000 € de vente, pas de taxe à payer sur les bijoux. Au-dessus, 6,5 %.
- N’envoyez jamais votre or par la poste sans avoir fait estimer en personne d’abord. Les « kits postaux » sont rarement à votre avantage.
Pourquoi votre fond de tiroir vaut plus que vous ne croyez
Le truc que les gens ne réalisent pas, c’est que l’or a plus que doublé en deux ans. Le gramme qui valait 55-60 € début 2024 est passé à 70 € mi-2024, 80 € fin 2024, 90 € au printemps 2025, et cote aujourd’hui autour de 130 €. Cette bague cassée que vous estimiez mentalement à « peut-être 50 euros » en vaut probablement le double ou le triple.
On le voit au comptoir toutes les semaines. Quelqu’un arrive avec un petit sachet de bijoux abîmés, convaincu que ça ne vaut pas grand-chose. On pèse, on teste le titrage, et l’expression change quand on annonce 400, 600, parfois 900 €. Pour des trucs qui prenaient la poussière.
Le fond de tiroir classique qu’on voit chez EPO Gold, c’est : une ou deux chaînes cassées, une bague dont la pierre est tombée, un bracelet tordu, peut-être une médaille de baptême. Mis bout à bout, ça fait souvent entre 15 et 40 grammes d’or 18 carats. Au cours actuel, entre 1 400 et 3 800 €.
Le marché du rachat d’or en France représente entre 1,5 et 2,5 milliards d’euros par an. Et la France recycle entre 20 et 40 tonnes d’or annuellement — bijouterie, dentaire, industrie confondus. Ce n’est pas un marché de niche : c’est un vrai secteur, et les cours actuels sont historiquement favorables pour les vendeurs.
L’or dentaire : le grand oublié
C’est le sujet dont personne ne parle à table. Et pourtant, l’or dentaire représente 5 à 10 % du volume de rachat d’or auprès des particuliers en France.
L’utilisation de l’or en dentisterie remonte à l’Antiquité — les Étrusques fabriquaient déjà des bridges rudimentaires en bandes d’or vers 700 av. J.-C. Mais c’est entre les années 1950 et 2000 que l’or dentaire a connu son apogée en France. Depuis, la céramique et le zircone ont pris le relais pour des raisons esthétiques. Résultat : la quasi-totalité de l’or dentaire sur le marché du rachat provient de prothèses posées il y a 25 à 70 ans.
Les alliages dentaires : pas tous égaux
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il existe quatre types d’alliages dentaires, classés par dureté (norme ISO 1562) :
- Type I (mou) : 83-85 % d’or, utilisé pour les inlays simples. C’est le plus riche en or.
- Type II (moyen) : 75-78 % d’or, pour les inlays et onlays classiques.
- Type III (dur) : 62-75 % d’or, le plus courant pour les couronnes et bridges courts.
- Type IV (extra-dur) : 60-70 % d’or, pour les bridges longs et prothèses amovibles.
Le reste de l’alliage est composé de palladium, d’argent, de cuivre et parfois de platine — des métaux ajoutés pour la résistance mécanique en bouche. Attention : les alliages « économiques » utilisés à partir des années 1980 peuvent descendre à 40-55 % d’or seulement. C’est pourquoi un test est indispensable.
Combien vaut une dent en or ?
Voici les fourchettes de valeur indicatives au cours de mars 2026, pour un alliage moyen à 75 % d’or :
- Inlay ou onlay : 1 à 3 g d’alliage → 70 à 220 €
- Couronne unitaire : 3 à 5 g → 220 à 370 €
- Bridge 3 éléments : 8 à 15 g → 590 à 1 100 €
- Bridge long (4-5 éléments) : 15 à 25 g → 1 100 à 1 830 €
- Prothèse amovible (châssis) : 10 à 30 g → 730 à 2 200 €
Le problème, c’est que l’or dentaire ne ressemble pas à de l’or. C’est terne, parfois grisâtre, souvent encore collé à du ciment ou à un bout de résine. Les gens le jettent. On a eu des clients qui avaient des prothèses dentaires de leurs parents décédés dans une boîte à chaussures depuis vingt ans. Valeur : plus de 2 000 €.
Comment préparer son or dentaire avant de venir
- Ne nettoyez pas chimiquement — les professionnels fondent et affinent, le nettoyage est inutile et peut faire perdre de la matière.
- Retirez les éléments non-métalliques si possible : résine, céramique, ciment. Un simple grattage suffit, mais ce n’est pas obligatoire.
- Ne limez pas — vous perdriez de la matière précieuse.
- Conservez tous les morceaux : fragments, pivots, tenons. Chaque dixième de gramme compte.
Bijoux cassés : réparer ou vendre au poids ?
C’est la question que tout le monde se pose. La réponse dépend de la situation.
- Bijou signé (Cartier, Van Cleef, Boucheron…) cassé mais réparable : faites réparer. La valeur de revente d’un bijou de grande maison dépasse largement le poids d’or.
- Chaîne cassée en or 18K : si la soudure coûte moins de 50-80 € et que vous comptez la porter, réparez. Sinon, vendez au poids.
- Bijou démodé, sans marque, abîmé : vendez au poids. La réparation coûtera plus que la plus-value esthétique.
- Bijou avec pierres précieuses : faites évaluer séparément — les pierres ne sont pas valorisées au poids d’or.
Règle générale : si le coût de la réparation dépasse 30-40 % de la valeur du bijou une fois réparé, la vente au poids est plus intéressante.
Plaqué or, gold-filled, or massif : comment faire la différence ?
C’est la source de confusion numéro un. Beaucoup de gens pensent avoir de l’or massif alors que c’est du plaqué — et inversement.
- Le plaqué or (marqué « GP », « Gold Plated », « Plaqué or ») : une couche de 1 à 5 microns d’or sur un métal de base (laiton, acier). Valeur de rachat : quasi nulle. Astuce : regardez les zones de frottement — si une couleur différente apparaît, c’est du plaqué.
- Le gold-filled (marqué « GF », « 1/20 14K ») : une couche plus épaisse (50 à 100 microns), surtout courant sur les bijoux américains et britanniques. Valeur de rachat : très faible.
- L’or massif : un alliage d’or de 9 à 24 carats dans toute la masse. Poinçon de titre obligatoire en France. Valeur de rachat : poids × cours × titre.
Le test rapide : l’or n’est jamais magnétique. Si un aimant (néodyme de préférence) attire votre bijou, ce n’est pas de l’or massif. Et l’or est dense — 19,3 g/cm³ — un bijou en or massif est nettement plus lourd qu’il n’y paraît.
Les poinçons français : le guide complet
Chaque bijou en or vendu en France doit porter un poinçon de titre, apposé par un bureau de garantie ou un organisme de contrôle agréé. Voici les principaux :
Poinçons or
- Tête d’aigle (losange) : or 18 carats — 750‰. Le standard français, le plus courant.
- Hibou / Chouette (ovale) : or 18 carats d’importation — 750‰.
- Coquille Saint-Jacques (losange) : or 14 carats — 585‰.
- Trèfle à 3 feuilles (losange) : or 9 carats — 375‰.
- Hippocampe (ovale) : or 22 carats — 916‰. Rare en France, fréquent sur les bijoux du Moyen-Orient.
- Tête de Mercure (octogone) : ancien poinçon or 18K, utilisé avant 1919.
Poinçons argent et platine
- Tête de Minerve : argent 925‰ (1er titre)
- Crabe : argent 800‰
- Tête de chien : platine 950‰
Un poinçon de maître (losange avec initiales) identifie le fabricant. Il ne garantit pas le titre, mais permet de tracer l’origine du bijou. Chez EPO Gold, on examine systématiquement les poinçons à la loupe ×10 pour s’assurer du titrage avant tout rachat.
Comment on détermine le prix (et pourquoi ça varie autant)
Le prix de rachat de l’or dépend de trois choses. Le poids. Le titrage. Et le cours du jour.
Le poids, c’est simple : on met sur la balance. Chez nous, c’est une balance de précision au centième de gramme, calibrée, et vous voyez l’écran.
Le titrage, c’est le pourcentage d’or pur dans l’alliage. Sur les bijoux français, le poinçon l’indique directement. Mais les bijoux étrangers n’ont pas toujours de poinçon français, les bijoux très anciens non plus, et l’or dentaire n’en a jamais.
Dans ces cas, on utilise un test à l’acide (pierre de touche) ou un spectromètre à fluorescence X (XRF) — un appareil qui analyse la composition exacte du métal sans l’abîmer. C’est ce qu’on fait systématiquement chez EPO Gold sur tous les lots qu’on reçoit.
Pour donner un ordre d’idée au cours de mars 2026 :
- Or 24 carats (999‰) — or pur type lingot : 125-130 €/g
- Or 18 carats (750‰) — le plus courant en bijouterie française : 95-100 €/g
- Or 14 carats (585‰) — fréquent dans les bijoux étrangers : 72-78 €/g
- Or 9 carats (375‰) — entrée de gamme : 45-50 €/g
- Or dentaire — selon l’alliage (40-85 % d’or) : 44-75 €/g
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Le marché du rachat d’or a ses dérives. Quelques erreurs à éviter absolument.
Ne vendez pas sur internet sans avoir fait estimer en personne d’abord. Les « kits postaux » où l’on vous envoie une enveloppe, vous mettez vos bijoux dedans, et on vous fait une offre par mail — c’est rarement à votre avantage. Vous ne contrôlez ni la pesée, ni le titrage, et si l’offre ne vous plaît pas, il faut vous battre pour récupérer vos objets.
Ne vendez pas à quelqu’un qui ne teste pas le titrage devant vous. Un comptoir sérieux pèse et teste en votre présence. Si on vous dit « c’est du 14 carats » en regardant la couleur à l’œil, partez.
Méfiez-vous des rachats « au forfait » — du type « 50 euros la dent en or, quel que soit le poids ». C’est comme si un brocanteur vous achetait tous vos meubles au même prix sans regarder ce que c’est. Une couronne de 3 g et un bridge de 20 g n’ont pas la même valeur.
Ne fondez pas votre or vous-même. Au-delà du danger (l’or fond à 1 064°C), vous risquez de perdre de la matière et de rendre le titrage plus difficile à déterminer.
La fiscalité : bonne nouvelle pour la plupart des gens
Pour les bijoux vendus sous 5 000 €, c’est simple : aucune taxe. C’est le seuil d’exonération sur les objets précieux, et la grande majorité des fonds de tiroir tombent en dessous.
Au-delà de 5 000 €, on passe en taxe forfaitaire de 6,5 % pour les bijoux (6 % + 0,5 % CRDS).
L’or dentaire, lui, est assimilé à du métal précieux : taxe de 11,5 % (11 % + 0,5 % CRDS) dès le premier euro, sauf si vous pouvez prouver la date et le prix d’acquisition — ce qui est rare pour des prothèses. Alternative : le régime des plus-values (37,6 % sur le gain, avec abattement de 5 % par an dès la 3e année). Après 22 ans de détention, c’est exonéré.
Peut-on vendre de l’or sans facture ? Oui, c’est parfaitement légal. La plupart des personnes qui vendent des bijoux hérités ou de l’or dentaire ne possèdent pas de facture d’achat. Le racheteur vérifie votre identité, établit un bordereau d’achat et vous remet un reçu. Sans justificatif de date d’achat, c’est simplement la taxe forfaitaire qui s’applique.
Pour ceux qui ont aussi des pièces ou des lingots, la fiscalité est encore différente. On en parle dans notre article sur les pièces numismatiques.
Ce qu’on voit arriver chaque semaine au comptoir
Des successions, beaucoup. Quelqu’un hérite d’une boîte à bijoux et ne sait pas par où commencer. On trie ensemble : les bijoux intacts qui peuvent être revendus en l’état, les pièces potentiellement intéressantes en numismatique, et le reste — les cassés, les dépareillés, les débris — qui part au poids.
Des déménagements aussi. Les gens font du vide et tombent sur des trucs oubliés. Un client nous a apporté l’année dernière un sac congélation avec une vingtaine de boucles d’oreilles dépareillées — il pensait que c’était du plaqué. C’était du 18 carats. Plus de 800 €.
Et puis l’or dentaire, régulièrement. Souvent après un passage chez le dentiste qui a remplacé des couronnes en or par de la céramique. Le patient repart avec ses vieilles prothèses dans un sachet plastique et se demande quoi en faire. La réponse est simple : les amener au comptoir.
On rachète aussi l’argenterie — couverts, plateaux, timbales de baptême —, les diamants même petits, et les montres de luxe qui dorment dans un tiroir.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon bijou est en vrai or ?
Cinq méthodes, de la plus simple à la plus fiable :
- Chercher le poinçon avec une loupe ×10 — tête d’aigle (18K), trèfle (9K) ou coquille (14K) — généralement sur le fermoir ou l’intérieur de l’anneau.
- Test de l’aimant : l’or n’est jamais magnétique. Si un aimant néodyme attire votre bijou, ce n’est pas de l’or massif.
- Test visuel d’usure : sur les zones de frottement, si une couleur différente apparaît dessous, c’est du plaqué.
- Test de densité : l’or 18K a une densité d’environ 15,5 g/cm³. Un bijou en or massif est nettement plus lourd qu’il n’y paraît.
- Test professionnel : pierre de touche (acide) ou fluorescence X (XRF). C’est ce qu’on utilise au comptoir — rapide, précis, non destructif.
L’or dentaire est-il pur ?
Non, jamais. L’or dentaire est un alliage contenant typiquement 60 à 85 % d’or, complété par de l’argent, du cuivre, du palladium et parfois du platine. Ces métaux sont ajoutés pour obtenir la dureté nécessaire en bouche. Les alliages « économiques » peuvent descendre à 40 %. C’est pourquoi un test (XRF ou pierre de touche) est indispensable pour déterminer la valeur exacte.
Peut-on vendre de l’or dentaire chez n’importe quel bijoutier ?
Non. Tous les bijoutiers ne rachètent pas l’or dentaire. Il faut un professionnel équipé pour tester les alliages non-standards et autorisé pour le rachat de métaux précieux. Chez EPO Gold, on analyse systématiquement l’or dentaire au spectromètre pour déterminer la composition exacte de l’alliage.
Passez nous voir, c’est gratuit et sans engagement
Si vous avez un fond de tiroir qui traîne — bijoux cassés, or dentaire, pièces en vrac, argenterie — amenez tout. Même si vous n’êtes pas sûr que ce soit de l’or, ça vaut le coup de vérifier. On trie, on pèse, on teste, et on vous fait une offre. Ça prend vingt minutes. Si le prix vous convient, on vous paie immédiatement. Si non, vous repartez avec vos objets, sans frais.
89 rue de la Pompe, Paris 16e. Du lundi au vendredi, 9h30-19h. Téléphone : 01 42 25 44 74.
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Article publié à titre informatif — il ne constitue pas un conseil en investissement. Cours observés au 20 mars 2026, susceptibles d’évoluer. Pour vos décisions patrimoniales, consultez un conseiller financier.