Une Rolex Daytona « Panda » en acier se vendait 50 000 $ sur le marché secondaire en 2022. Aujourd’hui, elle cote autour de 28 000 $. Presque moitié moins. Est-ce que ça veut dire que c’est un mauvais moment pour vendre ? Pas forcément. Le marché a changé de visage, et il y a des opportunités que beaucoup de gens ne voient pas.
En bref, pour ceux qui sont pressés
- Le marché a corrigé de 30 à 45 % depuis le pic de 2022 selon les modèles. La bulle spéculative est dégonflée.
- Rolex a augmenté ses prix neufs de 2,5 à 6 % en janvier 2026. Les modèles acier populaires (Daytona, GMT, Submariner) restent difficiles à obtenir en boutique.
- Patek Philippe tire la croissance du marché secondaire en ce moment, surtout le très haut de gamme. Audemars Piguet est la marque qui a le plus souffert (-7,5 % sur un an).
- La boîte, les papiers et le bracelet d’origine changent radicalement la valeur de revente. Sans papiers, comptez 10 à 20 % de décote.
- Ne confondez pas « prix demandé » et « prix payé ». L’écart sur Chrono24 peut être de 15 à 25 %.
La bulle des montres de luxe (2021-2022) et ce qui s’est passé depuis
Pour comprendre où on en est, il faut revenir trois ans en arrière. En 2021-2022, le marché des montres de luxe d’occasion a vécu un épisode de folie spéculative. Les prix de certains modèles ont doublé, triplé. Des gens achetaient des Nautilus et des Daytona comme on achète des cryptomonnaies — pour les revendre trois mois plus tard avec une plus-value.
Puis la correction est arrivée. Brutale. Entre mi-2022 et fin 2024, les prix ont chuté de 30 à 45 % selon les références. L’indice Rolex de Chrono24 a perdu environ 5 % rien que sur 2024. Audemars Piguet a pris -7,5 %. Patek Philippe -4 %.
Début 2026, on est dans une phase de stabilisation. Les prix ne chutent plus, mais ils ne remontent pas non plus — sauf sur certaines références très précises. Le marché est redevenu rationnel. Et pour ceux qui veulent vendre, c’est paradoxalement un meilleur moment qu’on pourrait croire.
Vendre sa montre maintenant : pourquoi la correction n’est pas une mauvaise nouvelle
Ça peut sembler contre-intuitif. Les prix ont baissé, alors pourquoi vendre maintenant ?
Parce que le marché de 2022, c’était de la spéculation. Les prix étaient gonflés artificiellement par des acheteurs qui n’avaient aucune intention de porter la montre. Aujourd’hui, les acheteurs sont des vrais amateurs — des gens qui veulent la montre à leur poignet. Le marché est plus sain, les transactions sont plus rapides, et les prix reflètent mieux la réalité.
Rolex a augmenté ses tarifs neufs de 2,5 à 6 % en janvier 2026. La Daytona acier est passée à 16 900 $ en prix catalogue. Sauf que personne ne l’obtient à ce prix — les listes d’attente en boutique sont toujours de plusieurs années. Résultat : sur le marché secondaire, une Daytona acier se négocie encore entre 25 000 et 32 000 $ selon le cadran. Bien au-dessus du neuf.
Côté Patek Philippe, c’est le haut de gamme qui performe. Les Nautilus acier restent recherchées, et les complications (quantièmes perpétuels, chronographes) voient leur cote remonter doucement. Le Bloomberg Subdial Index montre que Patek tire désormais la croissance du marché secondaire.
Quelles montres gardent le mieux leur cote en 2026 ?
Tous les modèles ne se valent pas. Loin de là.
La Daytona Rolex reste reine — surtout les cadrans « Panda » et « reverse Panda » en acier. La Submariner Date tient bien aussi, portée par une demande constante. GMT-Master II « Pepsi » et « Batman » gardent une prime solide au-dessus du prix boutique.
Patek Philippe, c’est autre chose. La Nautilus 5711 est devenue un mythe. Même si Patek a arrêté sa production en 2021, la cote reste très élevée — autour de 80 000 à 120 000 € selon l’état et les papiers. Les Aquanaut tiennent aussi.
Audemars Piguet a davantage souffert. La Royal Oak 15500ST (41 mm, acier) cotait 45 000 € en 2022, plutôt 28 000-32 000 € aujourd’hui. Les modèles en or ou les séries limitées résistent mieux, mais l’écart est net.
Les montres qui ont le plus perdu ? Celles qui n’avaient aucune vraie légitimité horlogère — des éditions spéciales surcotées, des collaborations marketing, des modèles achetés uniquement pour la spéculation.
Ce qui fait vraiment le prix quand on revend
Au comptoir, on voit régulièrement des clients surpris par la différence de prix entre deux montres du même modèle. La raison tient souvent à des détails qui changent tout.
- Les papiers d’origine (certificat de garantie, facture d’achat). Sans eux, décote de 10 à 20 %. Un acheteur sérieux veut la traçabilité complète.
- La boîte et les accessoires. Boîte d’origine, surboîte, livret, étiquette — le « full set » se vend nettement mieux qu’une montre seule. Gardez tout.
- L’état du boîtier et du bracelet. Des rayures d’usage, c’est normal et ça ne change pas grand-chose. Un polissage maladroit qui a arrondi les angles, c’est beaucoup plus pénalisant — surtout sur une Royal Oak ou une Nautilus dont les finitions sont très géométriques.
- La révision. Une montre révisée récemment par le fabricant (Rolex, Patek, AP) vaut plus qu’une montre dont le mouvement n’a pas été touché depuis 10 ans.
Les pièges à éviter quand on vend
Ne vous fiez pas aux prix affichés sur Chrono24 ou Watchfinder. Ce sont des prix demandés, pas des prix de transaction. L’écart réel est souvent de 15 à 25 %. Un dealer affiche 30 000 €, il acceptera 25 000 €. Vous, en tant que vendeur particulier, vous recevrez encore moins si vous passez par une plateforme qui prend sa commission.
Les rachats « en ligne » où on vous demande d’envoyer votre montre avant de recevoir une offre ferme — même prudence que pour l’or. Faites estimer en personne d’abord.
Et attention aux contrefaçons. Le marché en est inondé, et certaines sont très convaincantes. Un comptoir sérieux vérifie systématiquement l’authenticité — mouvement, numéro de série, finitions. Chez EPO Gold, c’est la première chose qu’on fait.
L’avantage de vendre à un comptoir plutôt qu’entre particuliers
On ne va pas se mentir : vous obtiendrez probablement un prix légèrement supérieur en vendant directement à un autre particulier sur une plateforme. Mais « légèrement » — et avec beaucoup plus de tracas : photos, négociations, risque d’arnaque, envoi sécurisé, garantie éventuelle à assurer.
Au comptoir, c’est réglé en une visite. Estimation, vérification d’authenticité, offre, paiement. Pas de commission de plateforme, pas de risque d’envoi, pas de litige. Pour beaucoup de gens, la tranquillité vaut les quelques pourcents de différence.
On rachète aussi les diamants — y compris ceux qui sont sertis sur des montres — et bien sûr l’or et l’argent sous toutes leurs formes. Si vous avez un fond de tiroir complet (bijoux, montres, pièces), on peut tout estimer en une seule visite.
Vous avez une montre de luxe à faire estimer ?
Passez au 89 rue de la Pompe, Paris 16e. Amenez la montre, les papiers et la boîte si vous les avez. L’estimation est gratuite, et on vous donne un prix le jour même. Si vous n’êtes pas sûr du modèle ou de l’authenticité, raison de plus — c’est exactement pour ça qu’on est là.
Lundi-vendredi, 9h30-18h30. Téléphone : 01 42 25 44 74.
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Article publié à titre informatif — il ne constitue pas un conseil en investissement. Cotes observées au 20 mars 2026, susceptibles d’évoluer. Pour vos décisions patrimoniales, consultez un conseiller financier.